Violations des droits humains en RDC : l’ONU appelle à une action internationale coordonnée

Face aux violations massives des droits humains dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), notamment les exécutions sommaires, violences sexuelles et enrôlements forcés d’enfants, l’ONU a appelé, mardi 1er avril, la communauté internationale à une réponse immédiate et coordonnée.

L’offensive lancée en janvier par le groupe armé M23, avec le soutien du Rwanda, continue d’aggraver la situation dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, où, comme l’a rappelé la Haute-Commissaire adjointe aux droits humains de l’ONU, Nada Al-Nashif, les exactions contre les civils se multiplient.

« Depuis le début de l’année, nous avons recensé 602 victimes d’exécutions extrajudiciaires et sommaires, commises par toutes les parties au conflit », a-t-elle indiqué, lors d’une réunion du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur la situation en RDC.

Nada Al-Nashif a par ailleurs mis en lumière la progression alarmante des violences sexuelles liées au conflit, qui ont connu une augmentation de plus de 270 % entre janvier et février.

Parallèlement, la crise alimentaire atteint des proportions dramatiques dans le pays, touchant près de 26 millions de personnes, soit près d’un quart de la population.

A cela s’ajoutent les déplacements massifs de populations. La Haute-Commissaire adjointe a souligné que près de 7,8 millions de personnes étaient aujourd’hui déplacées à l’intérieur du pays, dont 3,8 millions uniquement dans les deux provinces du Kivu.

L’ampleur de ces déplacements, combinée à la violence systématique, exacerbe selon elle les souffrances des civils, pris au piège dans une guerre interminable. « Après près de trois décennies de guerre et plus de six millions de morts, il devrait être parfaitement clair qu’il n’existe pas de solution militaire à ce conflit », a-t-elle affirmé, insistant sur la nécessité urgente d’une solution politique durable.

Un appel à l’action internationale

De son côté, Chantal Chambu Mwavita, la ministre congolaise des Droits humains, a condamné avec fermeté l’occupation de certaines zones de la RDC par l’armée rwandaise et ses alliés du M23 et de l’Alliance fleuve Congo, responsables « en toute impunité » d’assassinats de civils, de violences sexuelles, d’enrôlements d’enfants, de pillages et d’exécutions sommaires.

Selon les autorités congolaises, depuis janvier 2025, rien que dans la province du Nord-Kivu, plus de 7.000 personnes ont été tuées et 90 sites d’accueil pour personnes déplacées ont été détruits.

« Il y a donc urgence à appuyer considérablement la Mission d’établissement des faits du Haut-Commissariat des Nations-Unies sur la situation dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu de la RDC afin de la rendre véritablement opérationnelle et efficace », a-t-elle insisté.

Face à cette situation dramatique, la ministre congolaise a exhorté la communauté internationale à se mobiliser davantage. Elle a salué à ce titre les sanctions prises contre le Rwanda par certains pays et organisations internationales, tout en appelant à des actions plus concrètes pour mettre fin à l’occupation des territoires congolais.

Avec ONU Info

Author(s): radiookapi.net
Source: Access the article

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