Une proposition de loi visant à instaurer un service militaire obligatoire en République Démocratique du Congo a été déposée le 31 mars 2025 à la chambre basse du parlement. Selon l’initiateur de cette proposition, sa démarche fait suite à l’interpellation du président de l’Assemblée nationale lors de l’ouverture de la session ordinaire de mars et face à la recrudescence des agressions rwandaises.
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Porteur de cette initiative, Claude Misare, élu d’Uvira dans la province du Sud-Kivu et membre du parti de Vital Kamerhe, justifie son action par la nécessité de renforcer l’armée congolaise, particulièrement vulnérable dans la région est du pays depuis de nombreuses années.
« En tant que Muzalendo, cette proposition m’est apparue comme une opportunité. Avec les problèmes auxquels notre armée est confrontée, comme l’infiltration et la trahison, instaurer un service militaire obligatoire pourrait aider à mieux protéger notre pays. Nous pourrions former des éléments par ménage, rendant ainsi notre défense plus efficace, » a déclaré Claude Misare, cité par nos confrères de actualité.cd.
Le député souligne également que sa proposition est en accord avec l’article 63 de la constitution. Il a détaillé que la formation prévue dans le cadre de ce service militaire obligatoire serait divisée en deux types : une formation civique, patriotique et idéologique de trois mois, suivie d’une formation militaire pure de trois mois.
« J’ai proposé que les jeunes actifs soient réquisitionnés par le gouvernement en cas d’agressions ou de crises. Si tous les Congolais âgés de 18 à 30 ans étaient formés militairement, je suis convaincu que le Rwanda ne pourrait plus continuer ses agressions ni occuper des parties de notre territoire. Il est essentiel que notre intégrité territoriale soit défendue par nos propres citoyens, » a-t-il ajouté.
Claude Misare a également clarifié la distinction entre le service militaire obligatoire et la Réserve Armée de la Défense (RAD), précisant que le service militaire est contraignant, alors que la RAD est un engagement volontaire, accessible plutôt aux anciens militaires ayant acquis une expertise.
Le député a insisté sur le caractère urgent de cette initiative et espère que tous les acteurs en présence rempliront efficacement leur rôle.
Depuis plus de trente ans, l’Est de la République Démocratique du Congo est le théâtre de conflits exacerbés, notamment à la suite du génocide rwandais de 1994. La RDC accuse le Rwanda de vouloir exploiter ses ressources naturelles, une accusation que Kigali dément.
La situation sécuritaire s’est encore détériorée avec la rébellion du M23, soutenue par environ 3 000 à 4 000 soldats rwandais, selon l’ONU, qui lutte contre l’armée congolaise depuis plus de trois ans et occupe de vastes territoires, notamment au nord et au sud Kivu.
Dieumerci Matu Chub
Author(s): tazamardc.net
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