Mine de Menda : une exploitation illégale en périphérie de Shinkolobwe, un risque de débordement inquiétant vers le gisement d’uranium

Dans un autre communiqué de presse datant du samedi 22 février 2025, l’organisation de promotion et de protection des droits de l’homme, Justicia Asbl, a alerté pour la énième fois sur la poursuite de l’envahissement du site minier de Menda appartenant à Boss Mining, par des coopératives illégales exploitées par des sujets de plusieurs nationalités, notamment des Chinois et des Libanais, dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba.

Une exploitation illégale qui présente un risque majeur pour l’uranium de Shinkolobwe.

Dans ce communiqué signé par Maître Timothée Mbuya, président national de Justicia Asbl, l’organisation rappelle que cette situation fait suite à une première alerte lancée dans un communiqué précédent (N°007/JUST/2025 du 19 février 2025), dans lequel elle appelait à la cessation de l’envahissement du site minier de Menda appartenant à Boss Mining.

Le site minier de Menda, bien qu’il soit une mine de cuivre et de cobalt, est située dans la périphérie de Shinkolobwe, une réserve d’uranium dont l’exploitation nécessite de respecter des normes strictes et une législation rigoureuse, afin d’éviter tout débordement. La crainte majeure exprimée par Justicia Asbl est que cette exploitation illégale, anarchique et non contrôlée puisse atteindre les réserves d’uranium, avec des conséquences sanitaires et environnementales catastrophiques.

Une situation qui perdure et des impacts lourds pour Boss Mining

Selon les informations recueillies sur place et relayées par Justicia Asbl, rien n’a changé malgré les alertes. Le personnel de Boss Mining est toujours interdit d’entrer sur son propre site par des éléments de la garde républicaine qui sont sur place.

« Les témoignages des organisations de la société civile locale certifient que rien n’a évolué : le personnel de Boss Mining est interdit par les gardes républicains d’entrer sur son propre site et le pillage massif est toujours en cours», a rapporté Justicia Asbl.

Cette situation a des conséquences économiques et sociales graves :

Boss Mining ne peut plus exploiter sa concession et donc honorer ses engagements financiers.

Le cahier des charges ne peut plus être exécuté, ce qui impacte directement les projets communautaires liés à l’exploitation minière.

La dotation de 0,3% ne peut pas être payée aux communautés locales dans ces conditions.

La société continue à payer des taxes, alors que les exploitants illégaux n’en paient aucune, privant ainsi l’État et les populations locales de revenus cruciaux.

Un danger sanitaire et environnemental imminent

Justicia Asbl a insisté également sur les risques sanitaires majeurs liés à cette exploitation sauvage.

« Cette exploitation illégale sans protection adéquate met clairement en danger la vie de milliers de personnes. Ces dépôts radioactifs seraient non seulement un désastre environnemental pour l’air que les communautés respirent, mais pourraient également contaminer la chaîne alimentaire d’un territoire entier », a souligné cette organisation.

D’autre part, l’organisation met en garde contre l’implication de réseaux maffieux qui pourraient avoir des liens avec des groupes terroristes internationaux.

« Si aucune disposition n’est prise par les autorités gouvernementales pour mettre un terme à ce pillage massif et sauvage de ces minéraux, il est également à craindre que ces réseaux maffieux ne soient en contact avec des groupes terroristes au niveau international, ce qui pourrait avoir des conséquences incalculables sur la sécurité globale », a martelé Justicia Asbl.

Un appel à l’intervention des autorités

Face à cette menace, Justicia Asbl a exhorté les autorités congolaises à prendre des mesures urgentes pour arrêter ce pillage illégal et rétablir l’ordre.

Compte tenu des implications sécuritaires probables résultant de ce pillage incontrôlé des minéraux pourtant dangereux, Justicia Asbl a invité le Président de la République, la Première Ministre, les Ministres des mines, de la défense nationale et de l’intérieur à s’impliquer pour faire cesser ces activités illégales par des personnes impossibles à contrôler d’une part, et part, à rétablir l’état de droit local et sécuriser les communautés ainsi que les investisseurs en RDC.

La Rédaction

Author(s): mines.cd
Source: Access the article

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